Michel Houellebecq
Vision des femmes et du féminisme
Michel
Houellebecq
La représentation des femmes dans l'œuvre de Houellebecq a également suscité de vifs débats.
Dans son ouvrage Interventions 2020 publié chez Flammarion, l'écrivain déclare sans détour : « Pour ma part j'ai toujours considéré les féministes comme d'aimables connes, inoffensives dans leur principe, malheureusement rendues dangereuses par leur désarmante absence de lucidité. »
Dans le même texte, il développe sa thèse : selon lui, les féministes des années 1970 luttaient pour la contraception, l'avortement et la liberté sexuelle « comme si le 'système patriarcal' était une invention des méchants mâles, alors que l'objectif historique des hommes était à l'évidence de baiser le maximum de nanas sans avoir à se mettre une famille sur le dos ».
Bilan "consternant"
Pour Houellebecq, le bilan du féminisme est « consternant » : les femmes sont entrées massivement dans l'entreprise tout en devant maintenir leur « capital séduction » et élever seules leurs enfants.
Le critique Pierre Jourde, cité dans une étude académique, note que « trop souvent, Plateforme suinte grossièrement ce mépris des femmes que l'auteur reproche à juste titre à certains musulmans », tout en ajoutant que « les femmes sont aussi à plusieurs reprises présentées comme 'meilleures que les hommes', en particulier dans Les Particules élémentaires ».
L'analyse féministe du magazine Slate en 2019 conclut que les livres de Houellebecq ne sont pas misogynes mais « authentiquement machistes », attribuant aux personnages féminins un rôle systématique et répétitif.
Pour le sociologue Eric Fassin, Houellebecq récuse par avance tout soupçon de misogynie en proclamant la supériorité morale des femmes, tout en expliquant que le féminisme menacerait les hommes d'impuissance et les femmes de frustration.
À propos de l'auteur
Michel Houellebecq, né Michel Thomas en 1956 à La Réunion, est ingénieur agronome de formation. Révélé par Extension du domaine de la lutte (1994) et Les Particules élémentaires (1998), il reçoit le prix Goncourt en 2010 pour La Carte et le Territoire. Traduit dans plus de 40 langues, il est l'auteur français contemporain le plus lu à l'étranger. Ses romans explorent la misère affective, l'individualisme et les mutations de la société occidentale avec un style dépouillé qui divise la critique.









