Michel Houellebecq
Les propos sur l'islam:
de la provocation aux excuses
Michel
Houellebecq
En 2001, Michel Houellebecq déclenche une tempête médiatique en déclarant dans le magazine Lire : « La religion la plus con, c'est quand même l'islam. Quand on lit le Coran, on est effondré… effondré ! »
Ces propos lui valent des poursuites pour provocation à la haine et injure envers une religion. Il est finalement relaxé en 2002, le tribunal reconnaissant son droit à la critique des religions, considérant que ses jugements portaient sur la religion elle-même et non sur les musulmans en tant que personnes, comme le rapporte Le Temps en septembre 2002.
En 2015, la sortie de Soumission, roman d'anticipation décrivant l'élection d'un président musulman en France en 2022, coïncide tragiquement avec les attentats de Charlie Hebdo le 7 janvier.
Le roman, qui se vend à plus de 345 000 exemplaires en un mois, divise violemment : pour le philosophe Gaspard Koenig, l'islam n'est qu'un sujet secondaire dans une œuvre qui traite avant tout de Joris-Karl Huysmans ; pour d'autres, comme Marc Weitzmann du Monde, il s'agit du roman « le plus réactionnaire » de l'auteur.
En 2022, une nouvelle polémique éclate avec un entretien dans la revue Front populaire où Houellebecq déclare : « Le souhait de la population française de souche, comme on dit, ce n'est pas que les musulmans s'assimilent, mais qu'ils cessent de les voler et de les agresser. Ou bien, autre solution, qu'ils s'en aillent. »
Plainte pour provocation à la haine
La Grande Mosquée de Paris dépose plainte pour provocation à la haine contre les musulmans, rapporte FranceInfo en décembre 2022.
Dans son livre autobiographique « Quelques mois dans ma vie » paru en 2023, l'écrivain fait son mea culpa.
Dans un entretien au magazine Le Point, il admet : « J'ai été pris dans une bêtise collective, il y a tout un discours qui s'est développé sur un lien entre islam et délinquance qui est simplement faux. » Il reconnaît avoir atteint « à titre personnel, la quasi-perfection de la connerie ».
Dans une interview au Guardian en 2015, Houellebecq se dit « probablement » islamophobe, précisant que « le mot 'phobia' signifie davantage 'peur' que 'haine' ».
Il affirme toutefois ne pas être un provocateur volontaire : « Un bon provocateur sait jusqu'où aller pour choquer. Je suis incapable de prédire ça. C'est une surprise à chaque fois. »
À propos de l'auteur
Michel Houellebecq, né Michel Thomas en 1956 à La Réunion, est ingénieur agronome de formation. Révélé par Extension du domaine de la lutte (1994) et Les Particules élémentaires (1998), il reçoit le prix Goncourt en 2010 pour La Carte et le Territoire. Traduit dans plus de 40 langues, il est l'auteur français contemporain le plus lu à l'étranger. Ses romans explorent la misère affective, l'individualisme et les mutations de la société occidentale avec un style dépouillé qui divise la critique.










