Honoré de Balzac
L'architecte de La Comédie humaine
Honoré
de Balzac
À Paris, le 18 août 1850, dans son modeste appartement de la rue Fortunée, un homme épuisé s'éteint à cinquante et un ans, laissant derrière lui un héritage littéraire colossal.
7 janvier 2026
Honoré de Balzac, ce géant des lettres françaises qui dormait à peine quatre heures par nuit et engloutissait cinquante tasses de café par jour, vient de refermer le livre de sa propre vie tumultueuse.
Mais son œuvre, monumentale cathédrale romanesque composée de quatre-vingt-onze romans et nouvelles, continue de fasciner le monde entier.
L'ambition titanesque d'un visionnaire
Né en 1799 à Tours, Honoré de Balzac incarne à lui seul la démesure créatrice du XIXe siècle.
Dès 1834, il conçoit un projet sans précédent dans l'histoire de la littérature : réunir l'ensemble de ses écrits sous un titre unique, La Comédie humaine, pour dresser un portrait exhaustif de la société française de son époque.
Son ambition ? Rivaliser avec l'état civil en créant plus de deux mille personnages qui traversent ses romans, réapparaissent d'une œuvre à l'autre, tissant ainsi une toile narrative d'une complexité inégalée.
« La Société française allait être l'historien, je ne devais être que le secrétaire », écrit-il dans l'avant-propos de La Comédie humaine en 1842. Cette humilité feinte cache une prétention légitime : Balzac se veut le chroniqueur total d'une époque, le naturaliste des mœurs humaines.
Le Père Goriot : le chef-d'œuvre du réalisme balzacien
Publié en 1835, Le Père Goriot s'impose rapidement comme l'une des pierres angulaires de l'édifice balzacien.
Dans cette tragédie moderne, Balzac dépeint la déchéance d'un père sacrifiant tout pour ses filles ingrates, tandis que le jeune Eugène de Rastignac découvre les cruautés de l'ambition parisienne.
La pension Vauquer, décor principal du roman, devient sous sa plume un microcosme de la société française, où chaque détail vestimentaire, chaque meuble usé, révèle la condition sociale et morale des personnages.
C'est dans ce roman que Balzac perfectionne sa technique du « retour des personnages », faisant réapparaître Vautrin, figure satanique du criminel philosophe, qui deviendra l'un de ses personnages les plus célèbres.
Victor Hugo, dans son oraison funèbre prononcée lors des funérailles de Balzac le 21 août 1850, salue celui dont « tous les livres ne forment qu'un livre, livre vivant, lumineux, profond ».
À propos de l'auteur
Honoré de Balzac a marqué profondément le monde de la littérature du début du XIXe siècle. Il a réinventé le style romanesque et à légué à la postérité La Comédie humaine, une œuvre magistrale regroupant 88 titrres répartis en trois grands ensembles. Ses goûts de luxe, aussi prononcés que son talent d’écrivain, l’ont mené à la ruine financière. C’était aussi un bourreau de travail qui a sacrifié sa santé.









