Lydie Salvayre
Vieille et moche… à l’encre noire
Lydie
Salvayre

À l'automne 2025, Salvayre publie Autoportrait à l'encre noire aux éditions Robert Laffont. Le livre s'ouvre sur un constat sans fard : dès la première phrase, elle se décrit comme « vieille et moche ».
Elle choisit de pratiquer l'art de la digression et de la mise en scène ironique, s'inventant une contradictrice en la personne d'Albane, jeune voisine de palier adepte de new romance, avec laquelle elle se livre à des joutes littéraires.
Sous le ton badin, ce sont des aveux graves : la honte des origines, la violence du père réfugié, la tendresse infinie pour la mère. L'éditeur présente l'ouvrage comme un autoportrait « où la littérature paraît comme le seul pays qui compte ».
Le fil rouge de l’oeuvre
Car c'est là, au fond, le fil rouge d'une œuvre de plus de vingt titres traduits dans une vingtaine de langues : lors d'un entretien avec des étudiants à l'Université de Strasbourg en 2018, Salvayre déclarait que « ma mère est mon premier grand écrivain » — celle qui, en inventant le fragnol, lui a légué le goût d'une langue vivante, imparfaite et libre.
Une langue conquise, jamais vraiment domestiquée. Une arme.
À propos de l'auteure
Lydie Salvayre, née en 1946 de parents républicains espagnols exilés en France, est psychiatre de formation et romancière de vocation. Auteure d'une vingtaine d'œuvres, elle a reçu le prix Goncourt en 2014 pour Pas pleurer. Écrivant dans une langue française adoptée et magnifiée, elle explore l'exil, la mémoire et les aliénations sociales avec humour et indignation. Son dernier livre, Autoportrait à l'encre noire (Robert Laffont, 2025), est son autoportrait littéraire le plus intime.










