Stephen King - Ça
Une immersion totale dans les noirceurs de l'enfance
Stephen
King
- Une oeuvre monumentale >
- Les épreuves qui forgent l'artiste >
- Les années de galère avant... Carrie >
- Ça : Une immersion totale dans les noirceurs de l'enfance
- Ça : Une conclusion épique et bouleversante
- Les maîtres qui ont façonné le Roi >
- Un engagement social et philanthropique profond >
- Une oeuvre qui transende les genres >
- L'héritage du roi >
Les grands succès
À l’heure où les classiques de l’horreur connaissent un regain d’intérêt sans précédent, plonger (ou replonger) dans le premier tome de « Ça », l'un des grands classiques de Stephen King, reste une expérience littéraire frontale.
Plus qu’un simple récit d’épouvante, ce pavé magistral s’impose comme une autopsie de l’enfance et des noirceurs de l’Amérique.
Derry, Maine. Sous les rues pavées et les jardins en apparence tranquilles de cette petite ville américaine, une entité millénaire s’éveille tous les vingt-sept ans.
Pour le lecteur qui ouvre le premier tome, l’immersion est immédiate et brutale. Tout commence par un bateau en papier journal glissant dans un caniveau un jour de pluie de 1957. La mort du petit Georgie Denbrough, happé par le clown Grippe-Sou, n’est pas seulement l’ouverture d’un roman d’horreur,c’est le signal d’alarme d’une communauté rongée par un mal invisible.
L’épopée des marginaux
Le génie de King, dans ce premier volume, réside dans la création du « Club des Ratés ». Sept enfants — le bègue, le gros, l’asthmatique, la fille « facile », le juif, le noir et le binoclard — s’unissent non pas par choix, mais par nécessité de survie.
Face au harcèlement scolaire et à l’indifférence, voire la cruauté des adultes, ces parias découvrent que leur amitié est la seule arme capable de blesser « Ça ».
L’auteur alterne avec une virtuosité technique entre deux temporalités : l’été fondateur de 1958 et les retrouvailles forcées des années 1980. Ce procédé narratif installe un sentiment de fatalité poignante : peut-on vraiment échapper aux démons de son enfance ?
Au-delà du clown : le miroir social
Si Grippe-Sou (Pennywise) hante les nuits des lecteurs, le véritable monstre de Derry est souvent humain. King profite de ce premier tome pour dresser un portrait au vitriol de la société américaine. Le racisme, l’homophobie et les violences domestiques ne sont pas de simples décors ; ils sont le terreau sur lequel l’entité se nourrit.
Derry est une ville complice, où l’on détourne le regard quand le sang coule, faisant de ce récit une œuvre sociologique autant que fantastique.
Un monument parfois intimidant
Certes, l’œuvre n’est pas exempte de reproches. Certains lecteurs pointeront des longueurs descriptives propres au style fleuve de King, ou des digressions qui ralentissent l'intrigue.
De même, certaines scènes de fin de volume continuent, quarante ans après la sortie originale, de susciter le débat par leur crudité.
Pourtant, la force psychologique des personnages et l’atmosphère de malaise constant l’emportent sur tout le reste.
Ce premier tome ne se contente pas de faire peur, il fait mal. Il nous rappelle que l’enfance est un territoire de lumière constamment menacé par les ombres des égouts.
Le tome 1 de « Ça » n’est pas seulement un livre qu’on lit, c’est une ville dans laquelle on emménage, avec la peur au ventre, mais l’irrésistible envie de savoir ce qui se cache sous la grille de l’égout.
La suite, au tome 2, s’annonce déjà inévitable.
À propos de l'auteur
Stephen King, né en 1947 à Portland, Maine, est l'auteur de plus de soixante romans et deux cents nouvelles, dont Carrie, Shining et Ça. Surnommé le Roi de l'Horreur, il a vendu plus de 350 millions d'exemplaires dans le monde. Lauréat de la National Medal of Arts (2014) et du prix PEN America (2018), il vit avec son épouse Tabitha dans le Maine, où il continue d'écrire et de soutenir des causes philanthropiques.









