Sophie Tal Men
Quand le scalpel rencontre la plume
Sophie
Tal Men

Le jour, elle soigne des patients atteints de la maladie de Parkinson dans les couloirs de l'hôpital du Scorff à Lorient. Le soir, une fois ses trois enfants couchés, elle retrouve ses personnages de papier.
25 mars 2026
Sophie Tal Men, dont le nom d'état civil est Sophie Ory, est née en 1980 dans une famille baignée de médecine — une mère kinésithérapeute, un père généraliste, un grand-père directeur de sanatorium. Difficile d'échapper à la vocation. Et pourtant, la littérature a failli l'emporter.
Au lycée, elle hésite entre études littéraires et scientifiques, mais finit par choisir la médecine, ce qui lui laisse toujours la possibilité d'écrire, alors que l'inverse n'aurait pas été vrai, explique-t-elle selon Wikipédia.
Elle se spécialise en neurologie, discipline qu'elle décrit, dans une entrevue à Livres Hebdo, comme «la spécialité la plus littéraire», ajoutant que «tout est en lien avec les sens, les émotions».
Elle est aussi chercheuse clinicienne à l'Université Rennes-II et publie des travaux sur la maladie de Parkinson dans des revues scientifiques internationales.
Poussée par Aurélie Valognes
C'est poussée par sa belle-sœur, la romancière Aurélie Valognes, que Sophie Tal Men franchit le pas de l'autoédition. Sur les seize maisons d'édition contactées, seules deux lui ont répondu ; elle se tourne alors vers la plateforme Amazon.
«En un mois, je suis passée en tête des ventes», raconte-t-elle dans une entrevue à Livres Hebdo. Son premier roman, Les Yeux couleur de pluie, repris par Albin Michel, se vend à plus de 100 000 exemplaires, propulsant d'emblée cette inconnue parmi les «nouvelles papesses du roman populaire», selon ce même hebdomadaire professionnel.
Depuis, elle publie un roman par an. Résilience, liens familiaux, milieu hospitalier breton — et surtout l'île de Groix, son refuge : voilà les fils conducteurs d'une œuvre qui compte aujourd'hui onze titres.
Malgré tout...
Son dernier roman, Malgré tout ce qui nous sépare, paru chez Albin Michel en février 2026, marque un virage inédit vers le roman historique.
L'intrigue est née d'une conversation avec une patiente qui lui a raconté son enfance sur l'île de Groix pendant l'Occupation, a-t-elle confié dans une entrevue à la RTBF.
On y suit Rose, sage-femme dont la maison est réquisitionnée par deux officiers allemands en septembre 1944. «Ce que je voulais décrire, ce sont ces périodes de tensions, où les émotions sont décuplées, on aime plus fort et on déteste plus vite», précise-t-elle dans cette même entrevue.
L'écriture, pour cette double vie assumée, reste avant tout une nécessité intime.
«C'est une soupape», avoue-t-elle sur les ondes de RCF. «Ça me détend, ça évacue le stress de la journée. Et retrouver mes personnages, ma "famille de papier", c'est vraiment ouvrir une porte de mon imaginaire.»
À propos de l'auteure
Sophie Tal Men (Sophie Ory, née en 1980) est neurologue cheffe de service à l'hôpital de Lorient et romancière bretonne. Belle-sœur d'Aurélie Valognes, elle publie depuis 2015 un roman par an aux éditions Albin Michel. Son univers mêle résilience, liens humains et Bretagne maritime. Malgré tout ce qui nous sépare (2026) est son onzième roman.









