logo livresse

Adélaïde de Clermont-Tonnerre

La revanche de Milady lui donne le Renaudot 2025

Adélaïde de
Clermont-Tonnerre

Adélaïde de Clermont-Tonnerre

Tous les livres d'Adélaïde
de Clermont-Tonnerre en librairie
Les librairesAmazon Canada

Québec/Canada

Librairie EyrollesAmazon France

France/Europe

Quand la plus détestée de la littérature trouve enfin sa voix

Au restaurant Drouant, le 4 novembre 2025, Adélaïde de Clermont-Tonnerre a reçu le prestigieux prix Renaudot pour Je voulais vivre (Grasset), un roman qui ose l'impensable : donner la parole à Milady, la grande méchante des Trois Mousquetaires. Normalienne devenue directrice de magazine, cette aristocrate de 49 ans n'en finit pas de surprendre le monde littéraire.

logo livresse 9 novembre 2025

« Je suis tellement heureuse parce que, pendant très longtemps, j'ai douté de ma capacité et de ma légitimité à écrire », a confié l'auteure sur France Inter, quelques instants après avoir reçu le prix, succédant ainsi à Gaël Faye, récompensé en 2024 pour Jacaranda.

Une émotion palpable pour cette femme qui, malgré un parcours déjà impressionnant, avoue avoir longtemps hésité à se considérer comme une véritable écrivaine.

Milady ou la réhabilitation d'une « grande méchante »

Dans Je voulais vivre, Adélaïde de Clermont-Tonnerre s'attaque à un monument de la littérature française : Milady de Winter, ce personnage sulfureux créé par Alexandre Dumas dans Les Trois Mousquetaires. « Il y a très peu de grandes méchantes, d'abord les personnages féminins arrivent très tard dans la littérature, et elle, c'est la grande méchante par excellence, fatale, empoisonneuse, criminelle », a-t-elle expliqué à France Inter.

Mais l'auteure ne verse pas dans l'hagiographie simpliste. Son ambition est ailleurs : montrer la femme derrière la légende et « réclamer justice » pour ce personnage façonné par le regard masculin du XIXe siècle. Son roman, « écrit d'une voix puissamment contemporaine » selon les éditions Grasset, explore les racines de cette figure controversée, manipulatrice sans foi ni loi certes, mais aussi femme libre luttant pour sa survie dans un monde d'hommes.

Le jury du prix Renaudot, présidé par Patrick Besson et composé notamment de Jean-Marie Gustave Le Clézio, Dominique Bona et Frédéric Beigbeder, a salué ce « roman d'aventure, un roman un peu enlevé », pour reprendre les mots de l'auteure elle-même, visiblement « très, très émue » lors de la remise du prix.

Un parcours atypique, du CAC 40 à la Closerie des Lilas

Le destin d'Adélaïde de Clermont-Tonnerre ne suit aucun chemin tracé d'avance. Née en 1976 à Neuilly-sur-Seine, arrière-petite-fille de la princesse Isabelle d'Orléans et issue de la branche cadette de l'illustre maison de Clermont-Tonnerre, elle aurait pu se contenter des fastes de son nom. Mais cette ancienne élève de l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud a d'abord fait carrière dans la banque et la finance, notamment à Mexico pour la Société générale, avant de bifurquer radicalement vers le journalisme.

Journaliste à Madame Figaro, elle devient directrice de la rédaction de Point de vue en 2014, avant de racheter l'hebdomadaire à Altice en 2018. Une femme d'affaires doublée d'une passionnée de littérature, qui préside aujourd'hui le prix littéraire du Who's Who et siège dans plusieurs jurys prestigieux.

Une reconnaissance littéraire croissante

Son premier roman, Fourrure, publié en 2010 chez Stock, avait déjà marqué les esprits. L'histoire d'une ambitieuse, fille de Madame Claude dans les années Giscard avant de devenir écrivaine célèbre, lui vaut le prix Françoise-Sagan, le prix Maison de la presse et le prix du Premier Roman de Femme. Un premier succès qui ne l'empêche pas de continuer à douter.

En 2015, Le Dernier des nôtres (Grasset) lui apporte la consécration : le Grand Prix de l'Académie française. L'académicien Angelo Rinaldi salue alors un style « élégant et efficace », tandis qu'Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuel, déclare que ce « roman d'imagination a emballé l'Académie ».

Son troisième roman, Les jours heureux, sorti en 2021 chez Grasset, confirme son talent.

Entre histoire familiale et engagement

Au-delà de la fiction pure, Adélaïde de Clermont-Tonnerre n'hésite pas à explorer son histoire familiale. Dans Le Dernier des nôtres, elle évoque notamment la figure de son arrière-grand-père Louis de Clermont-Tonnerre, qui participa à la reprise du fort de Douaumont pendant la Première Guerre mondiale avant de mourir au front.

Pour écrire ce roman, elle s'est même immergée quelques jours au sein du RICM (Régiment d'infanterie-chars de marine), une expérience qui lui a valu une mention spéciale du Prix Erwan Bergot.

Femme engagée, elle participe en 2017 au recueil 13 à table, des écrivains engagés en faveur des Restos du Cœur, et figure parmi les « 100 femmes de culture de l'année 2022 ». Elle est également membre de la Commission sur l'image des femmes dans les médias.

Un succès qui ne se dément pas

Paru le 20 août 2025, Je voulais vivre s'est déjà vendu à près de 25 000 exemplaires avant même l'annonce du prix Renaudot, selon NielsenIQ BookData. Le roman avait d'ailleurs déjà reçu le prix de la Rentrée du festival La Forêt des livres chez Gonzague-Saint-Bris, remis fin août en Touraine.

Face à des finalistes de renom — Feurat Alani pour Le ciel est immense (JC Lattès), Anne Berest pour Finistère (Albin Michel), Justine Lévy pour Une drôle de peine (Stock) et Louis-Henri de La Rochefoucauld pour L'amour moderne (Robert Laffont) — Adélaïde de Clermont-Tonnerre s'est imposée avec ce portrait inattendu d'une anti-héroïne.

Mariée à Laurent Delpech et mère de deux garçons, celle qui se lève à l'aube pour écrire, loin de toute autofiction, continue de prouver qu'une voix singulière peut émerger même des chemins les plus improbables. Avec Je voulais vivre, elle offre à Milady ce que la littérature lui avait jusqu'alors refusé : le droit d'exister pleinement, au-delà du regard des hommes.

À propos de l'auteure

Adélaïde de Clermont-Tonnerre, née en 1976, est une romancière et journaliste française. Normalienne reconvertie de la finance vers les lettres, elle a reçu le Grand Prix de l'Académie française en 2015 pour Le Dernier des nôtres. Directrice de Point de vue, elle obtient le prix Renaudot 2025 pour Je voulais vivre, qui réhabilite Milady des Trois Mousquetaires.

 

Prendre note...

  • Lorsque vous achetez un livre présenté sur notre site, nous percevons une commission d'affiliation du libraire que vous avez choisi.
  • Afin de répondre à vos habitudes d'achat, nous avons une affiliation locale avec leslibraires.ca, pour le Québec et le Canada,
    et avec La librairie Eyrolles ou la FNAC, pour la France et l'Europe. Dans les deux cas, nous avons également une affiliation avec Amazon.ca et Amazon.fr
  • Les informations de base pour chaque livre (page couverture, éditeur, date de parution et nombre de pages) sont présentées
    à titre indicatif seulement et ces informations peuvent varier pour un même livre, en France ou au Canada. De même, les libraires affichent
    la plupart du temps différents formats (broché, relié, numérique, poche, audio, etc.). Lors de votre achat, vérifiez avec soin le format coché.
  • Tous les suivis de vos achats ne peuvent se faire qu'avec la librairie avec laquelle vous avez procédé à votre achat.