Gisèle Pelicot
Et la joie de vivre
« Cette histoire ne m’appartient plus totalement. Elle a réveillé une douleur muette et profonde, montée de la nuit des temps. Elle a suscité la sidération. Comment comprendre ce qui m’est arrivé, ce que mon calvaire a ensuite déclenché ? Il m’a fallu marcher le long d’une faille, la mienne. Comme le funambule sur la corde raide, je dois avancer. Je voudrais par ce livre mettre des mots sur ce que j’ai traversé. Dire que je n’ai plus peur d’être seule, que j’ai retrouvé la joie de vivre.
Dire que je suis vivante. »- Gisèle Pelicot
De l'ombre des supplices à la lumière de la dignité
À 73 ans, Gisèle Pelicot, figure centrale de l’un des procès les plus marquants de l’histoire judiciaire française récente, livre Et la joie de vivre, ses mémoires où elle raconte comment, après l’horreur, elle a reconstruit sa vie et refusé que sa voix soit étouffée par la honte ou le silence.
19 février 2026
Un peu plus d’un an après le verdict du procès des viols de Mazan, l’ouvrage paraît le 17 février 2026 aux éditions Flammarion. Écrit avec la journaliste et romancière Judith Perrignon, il explore les violences extrêmes qu’elle a subies, mais surtout les mécanismes de sa renaissance.
Dans son livre, Pelicot revient en détail sur la période durant laquelle elle a été droguée à son insu par son mari, Dominique Pelicot, puis livrée à des dizaines d’hommes pour être violée alors qu’elle était inconsciente. Elle écrit notamment , a souligné VL Média: « Le policier a lâché un chiffre. Cinquante-trois hommes seraient venus chez nous pour me violer », rappelant l’ampleur des faits.
Un procès hors normes et une décision publique
L’affaire, qualifiée de « procès des viols de Mazan », s’est déroulée à Avignon en 2024 et a immédiatement captivé l’attention médiatique. Alors que la loi française permet aux victimes de demander un huis clos pour préserver leur anonymat, Pelicot a refusé cette option. Elle voulait que son procès soit public pour renverser la stigmatisation habituelle : « la honte doit changer de camp », a-t-elle expliqué dans un extrait des mémoires,
Cette décision a fait d’elle non seulement une figure de courage pour d’autres victimes de violences sexuelles, mais aussi un symbole international de la lutte contre la soumission chimique et l’impunité des agresseurs, a souligné TF1 Info.
Verdicts et condamnations
Le verdict rendu en décembre 2024 a été sans équivoque : Dominique Pelicot a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle, tandis que la plupart des 50 hommes co-accusés ont été reconnus coupables de viols ou d’agressions sexuelles et condamnés à des peines allant de plusieurs années de prison à jusqu’à 15 ans selon la gravité des faits.
Un message d’espoir, pas seulement un récit de souffrance
Et la joie de vivre ne se limite pas à relater les souffrances. Dans les extraits disponibles, Pelicot insiste sur sa reconstruction personnelle et sa volonté d’aider d’autres victimes : après des années marquées par les violences, elle confie qu’elle a retrouvé l’amour et une vie qui va au-delà du trauma. « Je n’imaginais pas pouvoir retomber amoureuse », souligne-t-elle.
L’ouvragea été traduit dans plus de vingt langues et publié à l’international.
À propos du livre
Ce récit bouleversant, écrit avec la romancière Judith Perrignon, raconte l’histoire exceptionnelle de Gisèle Pelicot et celle de sa courageuse décision de rendre public le procès de ses agresseurs, encourageant par son geste toutes les victimes à ne plus jamais avoir honte.







